Abdelaziz Makroum

Abdelaziz Makroum

 

L’art c’est une fenêtre qui me permet de rester en contact avec l’autre, je suis parmi les personnes qui préfèrent les activités de création et d’expression. Lorsque je suis devenu aveugle en 1992, j’ai repris mes passions dans un monde tout noir, j’ai utilisé mes oreilles pour entendre le monde de l’extérieur et mes mains pour toucher le fond de mon intérieur.

 

J’ai commencé à peindre en 2005 dans un club de travaux manuels ; on fabrique des colliers, des bracelets et d’autres objets pour la décoration. Mais j’ai proposé à la monitrice de faire de la peinture, elle a été très étonnée, Etait-ce normal pour une personne non-voyante qui ne voit que du noir, de jouer avec les couleurs, cela lui paraissait absurde. Pour moi, c’était un défi car le noir que je vois fait partie des couleurs. Avant ma cécité, j’avais suivi des cours de dessin et de peinture au collège. C’est avec ces souvenirs que j’ai commencé à peindre mon premier tableau « Le printemps de ma mère ».

 

J’utilise un système de ficelles tendues pour élaborer mes compositions et avec l’aide d’amis qui me renseigne sur la couleur des tubes, j’étale ma peinture. J’incorpore régulièrement des objets en relief ou des figurines que je modèle. Mon potentiel créatif est une source d’expression inépuisable qui me mène à être un concepteur plutôt qu’un réalisateur. 

 

Musée, du 4 au 25 février 2009